This post — like any other post titled "entry #n" — consists of traditional diary entries and may be of interest to no one but me.

If you are new to this section, I recommend that you begin with these two texts: Grêle and Overborn.


Nov-Dec. 2025

Not everything has been translated. Most diary entries are written in French. You can use a translation tool for a literal translation, or an LLM for deeper understanding.


α

— En —

Lately, my body has become sensitive. It's worrying — sometimes sharply so — and mostly disorienting.

It may be a sign that I'm integrating my past, that the old anesthetic armor is loosening. That would be a good thing. For now, though, sensations are still tied to trauma: feeling this envelope brings a sense of fragility — as if it were simply the re-emergence of past violence, or something that could expose me to new harm. Maybe I'm confusing different aspects of the same process. Maybe it's up to me to turn it into a movement toward integration, rather than just a reliving of what was painful.

For now, inhabiting my body feels strange and unpleasant. My skin seems sensitive everywhere. Do "normal" people really live like this — constantly aware of their body's vulnerability and boundaries? They must always feel fragile, sharply localized within themselves. Maybe that's why they gather and seek reassurance.

Until now, I was almost numb to the surface of my body. My awareness hovered slightly ahead of me, neither inside nor outside. Will I eventually settle into my body — into a skin that truly feels what comes from outside? It doesn't sound appealing.

I'd much rather dissociate hard — buy myself some time and deal with it later. A standard reflex, I suppose.

I'll treat it as chaos and see what happens.

Maybe it's simply about accepting vulnerability — past and present alike.

——

January 2026 — Note: fortunately, it stopped almost immediately. Beyond that, the body issue (sensitivity, full spatial integration, etc.) intersects with the mnemonic architecture of the tattoo across my back.

— Fr —

Depuis quelques jours, le corps semble devenir sensible. C'est assez inquiétant, très fortement parfois, et surtout très déstabilisant.

J'essaye de voir les choses ainsi : je suis capable d'intégrer mon passé et ma cuirasse corporelle anesthésique se défait progressivement. Ce qui serait positif. Pour l'instant, ces changements sont associés à des traumas et des sorties d'amnésie. Je perçois donc, dans le fait de sentir mon corps et ma peau, mon enveloppe, seulement une grande fragilité et l'interprète soit comme une remontée de souvenirs, soit comme un dérèglement qui pourrait m'exposer à de nouvelles agressions — cette soudaine sensibilité représenterait seulement une sorte de grand schème corporel de vulnérabilité. Mais ces interprétations négatives relèvent peut-être du réflexe, ou d'une confusion chez moi entre différents aspects du processus en cours : d'un côté, l'intégration, étayée par un travail de création et, d'un autre côté, la remontée de souvenirs traumatiques. La « libération » des sensations est peut-être une partie du premier axe plus que du second. Mais si nous intégrons au fur et à mesure de notre capacité à accepter, les deux seront liés de toute manière. C'est donc certainement à moi de décider d'en faire un vecteur étayant plutôt qu'une stricte revivification du négatif. Je verrai ce que je peux faire en termes d'expériences d'ancrages. Ou le traiter comme une expérience de chaos pour voir ce que ça donne.

En attendant, sentir son corps est très étrange et vraiment très désagréable. Inquiétant du moins. L'épiderme semble être sensible depuis deux ou trois jours, sur tout le corps. Est-ce que les personnes 'normales' vivent réellement comme ça, en percevant la fragilité du corps et ses limites ? C'est très étrange. Ils doivent se sentir fragiles constamment et hyper-localisés. Est-ce la raison pour laquelle ils s'assemblent en troupeaux et ont toujours besoin qu'on les rassure à propos d'eux-mêmes ?

Jusqu'à présent, j'étais à peu près insensible à mon enveloppe et ma conscience était positionnée en porte-à-faux. Je n'étais ni dans mon corps, ni en dehors : j'étais « assis sur la barrière », comme un peu en avant et décentré. Est-ce que je vais me retrouver à l'intérieur ? Avec un corps sensible à ce qui vient de dehors ? Ça ne fait pas du tout envie... Immédiatement, j'aurais plutôt envie de dissocier un bon coup pour ajouter un délai et voir ça plus tard... Réflexe standard, j'imagine...

Je crois que je vais le traiter en chaos pour que ça passe mieux. Simplement observer et apprendre.

Cela a à voir avec l'acceptation de la vulnérabilité — surtout passée, mais également présente — dans tous les cas.

(Inquiétude du patient psychotique : « Monsieur le Psychiatre, si je guéris, je vais me normaliser. Et ça ! C'est hors de question !! »)

——

Note de janvier 2026: encore heureux, cela s'est arrêté presque aussitôt. Pour le reste, le problème du corps (sensibilité, spatialisation entière, etc.) bute sur l'architecture mnésique du tatouage dans le dos.


β

— En —

I miss her presence — the resonance of her body in space, the simple fact of sharing a place with her. It's not about sex; it's about the opening of space itself, as if it were made of unspeakable echoes and motions, not of coordinates and matter.

Unreal images of her keep appearing in my mind: shifting places, one fading into another. They're not like film stills or photographs — not flat, not empty. They hum. They carry weight, resonance, a kind of living vibration.

It feels as if her presence isn't just in space but makes space — like her body unfolds the air around it, giving it density, tone, life. My own body answers that, shaping the same invisible field between us.

Maybe this is how space actually exists for us: not something we move through, but something that moves with us, expands with our ability to move and to cross, to touch, to approach, to stand still.

I just miss her. Her living volume. The sense of shared air. The vibration that turns emptiness into presence.

— Fr —

Note sur des impressions / visions.

Des images s'ouvrent et se ferment dans mon esprit, c'est-à-dire qu'elles sont spatialisées (puisque ce sont des images) dans la zone de densité non physique (pas du physique 'dur' en tout cas) qui fait partie de ce que, maladroitement, j'appelle 'je'. Elles m'apparaissent alors que je suis en état de réceptivité liminale, comme si souvent. Bien sûr, on me dirait : « c'est dans ta tête » (les gens sont marrants, ils montrent leur crâne en disant cela, alors que la supposée tête — le vécu 'tête' ici — n'a évidemment rien à voir avec la boite crânienne et que personne sans doute ne le vit/perçoit comme cela. Tant pis, c'est scellé ! Sémantiquement et socialement, la chose est inamovible et donc 'exacte' : c'est « dans la tête-crâne »!). Oui, c'est dans 'ma tête'. Mais outre de ne pas bien savoir où est ma tête en l'occurrence (ou de ne pas trop savoir ce qu'on désigne réellement ainsi), si je continue à le voir de cette manière, comme quelque chose qui « vient de moi », ma production, je le vis alors comme quelque chose d'harassant. C'est très pénible, moralement douloureux : l'insistance d'images — ou plutôt de vécus liés à des images, je vais essayer d'expliquer cela — leurs éclosions, disparitions, reprise… tout cela est… très lourd, comme un harcèlement. Alors que si je suppose que cela se déroule dans un espace autre et que je le regarde, que je vois donc quelque chose qui a lieu dans un autre espace, alors tout ce problème d'angoisse disparaît et je me contente d'observer quelque chose qui se produit, vit, et qui n'a pas à proprement parler besoin d'être objectif ni constatable par quelqu'un d'autre pour avoir lieu comme un phénomène dont l'horizon est seulement l'émergence (mais avec une valeur d'excès : excès de sens-présence/prégnance qui ne 'fait' pas encore 'sens' pour moi). C'est intéressant car ici il est difficile de distinguer le noétique (la fameuse 'tête') et un 'dehors' ou un 'dehors d'éclos'.

De quoi s'agit-il ? Sa présence physique me manque. J'ai besoin de sa présence corporelle : être dans le même lieu qu'elle. Il ne s'agit pas de sexe, ce n'est pas le problème. Je vois donc (qui éclosent dans mon esprit, restent un temps puis disparaissent) des images d'elle dans des lieux ou des séquences de lieux (ça passe de l'un à l'autre) qui ont cette fois une valeur symbolique.

Mais ces images ne sont pas semblables à celles des films ou des photographies, qui sont vides d'autres choses qu'elles-mêmes, restent une surface plate (pour moi, du moins) même si elles ont leur extraordinaire force propre qui rend certaines images à proprement parler incomparables, un peu comme des archétypes (dotés d'un supplément de transcendance 'interne').

Non, les images que je vois sont chargées, résonnantes-résonnatrices. Elles vibrent — ou plutôt, elle ou sa présence corporelle vibre, tonne non-spatialement, mais comme… volume néanmoins… ou comme potentialité de déploiement physique, corporelle d'une spatialité animée, vivifiée de l'intérieur, comme un potentiel lié à des charges d'être.

Au lieu d'avoir une différence de potentiel qui créerait un courant, par exemple, on a une vivacité de charges/résonances d'être (au lieu de 'différence de potentiel') et c'est cette vivacité qui crée l'espace vécu comme prégnance, force, concrétisation d'intensités, vie. C'est très difficile à décrire.

Cela est peut-être lié à cet autre aspect : j'ai l'impression que notre relation corporelle fondamentale à l'espace vécu n'est pas seulement que nous pouvons nous saisir des objets, mais que nous déployons/créons l'espace vif (densité de vécus, lieu des émergences, des devenirs, etc) à partir de la potentialité corporelle de nous déplacer et ainsi de rendre cet espace à la fois ouvert et vibrant/vivant, presque sacré, intense ou intensifié en tout cas, mais cette intensification préalable serait indispensable à la praticabilité de cet espace comme espace-des-objets (donc cette potentialité de déplacement corporelle correspondrait à une dimension antérieure ou 'infra' par rapport à l'intentionnalité potentielle de saisie des objets).

L'espace vu et vécu est sans doute plutôt un espace déployé par la potentialité de mise-en-mouvement de notre corps (un peu comme si on déplaçait des volumes de rêves, ou de pré-intentions, d'abord, avant de les concrétiser par un supplément d'intentionnalité corporelle). Bref, elle me manque, je suis en manque d'elle, je pense à elle, je voudrais qu'elle soit là, ou plutôt je voudrais être dans ce « là-bas », celui-là même où nous serions enfin ensemble; sa présence me manque, notamment la présence de... son volume corporel réel adjoint à la potentialité propre de ses mouvements, mais adjoint aussi à la potentialité de mes propres déplacements relativement à sa position « volumétrique vive » dans l'espace partagé ou co-déployé… tout cela en tant que déploiement d'un espace chargé/vibrant d'être (être incomplet, non plein, mais tout de même) — c'est-à-dire un vrai espace, un espace vécu, émergeant et en éclosion, pas générique. C'est d'abord vécu ou mis-en-potentiel et générique/mathématique ensuite seulement, sans doute, en tout cas dans la manière dont on peut s'y rapporter humainement. Le reste n'a pas tellement d'importance.

Mais après tout c'est peut-être seulement la forme des émotions qui me donne ces impressions-là. Ou peut-être est-ce lié à des remontées traumatiques symboliques dans lesquelles — un peu comme en rêves — les formes sont habitées, débordent de 'donation' comme disent les philosophes (blague pour sorbonnard : « contrairement à la plus-value, le plus-de-donation précède toujours le travail ».)


γ

Trouver une manière de ne pas aller dormir — diluer la présence, la dépense d'énergie, trouver une manière de seulement poser, déposer quelque chose (griffonner qqch, noter ou non une émergence simple — non capturée — ne pas 'chercher à...') comme de l'autre côté. "L'autre côté" de ces "dehors" mais sans les rapporter au corps (sinon ça devient déjà une intention, prise dans des rapports de maîtrise : je veux placer/emplacer/utiliser les visions-impressions — les… ce sont sans doute des blocs de pré-pensées ou des mises-en-travail d'émotions et je ne sais pas quoi — les emplacer par rapport à l'espace corporel/zones d'énergies ; et alors là, ça devient vraiment usant, j'essaye de placer ça dans une zone d'énergies par rapport au corps, mais c'est pour essayer de le maîtriser en réalité, je ne parviens pas à laisser faire — 'parvenir à laisser'...sic). Je dois simplement accepter que les autres côtés, ce qui m'apparaît comme situé 'là-bas', seront très faiblement intentionnés, qu'il s'agit d'un autre espace actif (mais sans saisies, sans moi) du liminal, là-bas, en avant (ou je ne sais pas où, mais que je reprojette peut-être comme spatialité pour moi-même… et ça non plus, ce n'est pas important, pour la même raison). Accepter que ça peut même être griffonné-déposé ici, concrètement sur un bout de papier, une fenêtre du linux, etc, mais pas comme un résultat, car le vrai déposé se fait ou est laissé-être... il est dessaisi « là-bas », où cela semble prendre sa source ou son je-ne-sais-quoi mais qui vit ou ne-brusque-pas (pas sur le mode de nos visées habituelles). Donc ici, le 'griffonné' ne serait qu'un reflet de ce qui a lieu là-bas, idéalement un reflet mouvant comme des ombres d'eau, c-a-d des notes pas trop 'densifiées'. Voir s'il y a moyen d'avancer tout de même comme ça, mais donc en moindre, bien moindre dépense d'énergie, sinon il faut aller dormir, risquer les cauchemars, les chocs électriques, les vécus corporels en 'délavages/décantations malaxées' (ça c'est vraiment le pire, c'est vraiment très chiant, je préfère encore les coups électriques dans la tête)... C'est ce que je voulais dire initialement: j'ai peur d'aller dormir à cause des cauchemars et des états dissociés aggravés par l'hypnagogique qui vous essorent, mais vraiment très lentement... je me réveille de ça comme emplis de filaments de vide, de bruit blanc, de fibres verticales, les unes contre les autres en état de lutte et qui m'évident. Un état de panique qui se déchiquette lui-même en silence.


δ

[Raw english translation by gpt:] The images will be of no interest to anyone but me. They are probably ugly and kitsch and so redundant. I really don't want to over-contrast them, I try to keep a low contrast. But it spills out as excess, like me. And then it's still tied to the centered subject, the frame, etc. But that's not what they're for. Not to be seen, but to modulate emotional volumes during the process that makes them emerge–select–modify… and to locate some "outsides," some difficulties in saying "subject/object," "body/consciousness/world." What is in what? The world in me, and me off-balance between my body and the absence of the world?

The images are part of the process. No one will be able to understand what they are for. I described it in a text from 'HeRl', but it won't be understood. They'll say, "No! Those are sentences." They are not sentences. For the texts too, they are onto-corporeal churnings. Not understanding? In hell you don't melt metal — that's for devotional images — you push, again and again, you arrange enormous invisible volumetries, and it's very heavy to carry, but there is nothing to be done: you are inside it and that is all that "is."


ε

Survivors HOWL IN SILENCE

They do not need to remember you.
Amnesia has washed us clean of you.

We remember a lost infinity instead —
With our honeycombed voice,
Hive hopes —
Since we were hurled into the fracture of the world,
Accursed, scabbed and longed for.

— Fr —

Une enfant de onze ans s'est suicidée. Chacun affirme n'avoir rien remarqué et tous expriment leur étonnement. La bête immonde, le groupe, l'espèce humaine vient à nouveau de se manifester en sa propre gloire plénière.

Cette enfant est une sœur authentique pour moi et je suis heureux d'apprendre qu'elle ne souffre plus. Les morts sont les véritables libérés et cette jeune personne a quitté l'enfer 'plaisant' que vous appelez le monde. Elle est INTACTE.

INTACTE

malgré toutes vos tentatives souriantes de la faire votre.

Je regrette seulement que — par quelques retours inattendus d'un réel inassimilable au sein des apparences — son suicide n'ait pas, par lui-même et automatiquement, disloqué l'intégralité du groupe social qu'elle a fui courageusement, comme un retour des feux de destruction. Les suicidés sont des êtres courageux et lucides. Ceux qui 'vivent', c'est-à-dire toujours s'arrangent avec le groupe et ses miasmes, sont des lâches et des jouisseurs de cruauté : ils sont l'humanité régnante, votre propre ignoble royauté.

"On n'avait rien remarqué... Elle allait bien; elle n'était pas... comme 'ça' ".

Pas comme 'ça'...

Les personnes qui souffrent réellement sont généralement silencieuses au sujet de leur souffrance.

Pourtant, elles parlent et montrent leur état dévasté. Constamment.

Mais vous n'entendez pas et êtes aveugles. Elles séjournent en l'indicible et l'invisible — c'est-à-dire dans ce qui est invisible, indicible, non-manifeste pour le groupe.
Car être, apparaître et être ou apparaître socialement sont ultimement la même chose. L'auto-identification du groupe est quasiment ontologisante : non seulement le groupe se positionne lui-même comme autorité décisionnaire quant à ce qui est ou n'est pas, mais il en vient à se poser subrepticement comme étant lui-même l'être et la vérité. Cette position est une position-limite, certes, mais sans doute déterminante.

Si les moyens d'expression de votre souffrance existent sans avoir besoin de les inventer vous-même et devoir donc prendre le risque de cette création, si votre souffrance est représentable dans l'espace sémiologique de l'ignoble geste commun, c'est que cette souffrance est suffisamment modérée et n'incarne pas à elle seule une force d'éclatement du groupe social : elle n'en excède pas la puissance de résilience. Peut-être la narration de votre souffrance a-t-elle été modifiée, à votre insu, et fut-elle ainsi neutralisée pour lui faire perdre sa force disruptive. La "résilience" n'est donc pas obligatoirement une notion positive : elle caractérise aussi l'organicité qui préside à la toute-puissance du groupe social.

Les consciences réellement douloureuses sont souvent discrètes car non manifestables, silencieuses car inaudibles dans le cadre des normes du groupe. Or, ce que le groupe ne manifeste pas, n'est pas.

En revanche, le groupe admet volontiers les psychodrames et la théâtralité des expressions de moindre souffrance individuelle. Dans le cadre de ses propres jeux d'illusions, l'expression pathétique et très démonstrative de la position « je souffre » est bien venue : agitez donc les mains, comme vous savez le faire souvent pour manipuler, piaillez donc, indignez-vous, faites des grimaces et bougez les extrémités, abandonnez-vous aux grands thèmes et dites-leur, hurlez « moi-je-car-moi-je, MOI-JE ! »… ou toute autre expression qui permettra à tous de faire semblant croire que les individus existent pour eux-mêmes, au-delà de la primauté du collectif. Le groupe l'acceptera un temps : vous lui aurez rendu l'incomparable service de représenter pour lui un point de théâtralité cathartique interne, parfaitement inoffensif.

C'est d'ailleurs ce qu'on dit des survivants : "Ils ne faisaient pas de cinéma pour exprimer leur état de dévastation. Nous avons donc supposé qu'ils allaient bien. Car, moi, lorsque je veux manipuler les gens, je piaille, je grimace et bouge beaucoup les mains. Ainsi, je suis bien vu du groupe et peux en obtenir quelque chose. Les survivants, eux, sont plus discrets, ce sont des asociaux... ils ne peuvent donc pas se plaindre." CQFD.

L'auto-contexte social a tous les droits : quoi qu'il arrive, il se considère comme la réalité, la norme et le bien. Le groupe n'a aucune rationalité, aucune morale autre que son auto-légitimation et aucune intelligence hormis celle qui lui permet de toujours retrouver la brutalité de sa cohésion comme finalité — ce qui implique de passer, ponctuellement, par des phases d'apparente contrition ou d'apparente remise en cause. Mais ces phases-là ne sont que des rituels d'évacuation et de neutralisation de certaines affectivités individuelles, lorsqu'une situation a créé du désarroi, peut-être même une remise en cause des fantasmes d'omnipotence et d'omniscience du groupe. Les 'grandes discussions' sont en réalité de simples rites de réabsorption des singularités. Elles font partie des boucles de rétroactions conservatives du système autorégulé.

Il arrive régulièrement qu'un individu, en privé, critique son propre groupe auprès de vous. Il est net et parle sans détour. Mais regardez-le rentrer dans le rang, s'aplatir et vous vendre, dès lors qu'un autre membre de sa tribu désirée est là présent pour lui rappeler sa propre finitude !

Il y a chez moi quelque chose que les autres perçoivent comme inassimilable. Depuis ma naissance, cela m'a posé quelques menus problèmes, figurez-vous...

Et je vous hais ; je ne céderai pas.

Cette gamine est libérée.

Je suis heureux pour elle.

Ce jugement vous choque peut-être.

Pour moi, la mort n'existe que de ce côté-ci. Elle est la matière de ce que vous nommez vie.

La 'vie' est bâtie sur le refus, le mensonge, la maladie et la mort — ou l'esprit de mort — qui me semblent être une seule et même chose.

La mort n'a de sens et d'instance que de ce côté-ci. Car soit il y en a un autre côté — autre que la vie-mort, autre que la vie-après-la-mort et le monde pris ensemble — soit il n'y a rien, il n'existe rien et toute cette fichue affaire de réalité est alors dépourvue de la moindre valeur.

I'm not URZ.