Absorbed Iridescences — The Overborn Beat Against the World's Seawall
(This title originally belonged to an image. Later, I tried to give an account of it in a text written in French, for which I offer below an English translation that still leaves me uncertain.)
— Original French text —
Absorbed Iridescences. Les couleurs ne brillaient pas pour être vues, mais pour que leur chatoiement lui-même soit un dehors habitable. L'esprit de refus nous a trahis; ainsi a commencé le monde. Les irisations furent avalées, incorporées. Nous les avons bues mêlées de pleurs, comme nous aurions bu nos propres cendres. Le scintillement est intérieur désormais, absorbé par une matière, une conscience, un ni dedans ni dehors.
La beauté de ceux qui sont nés comme une marée haute qui nous effraie est une beauté contrainte. C'est une lumière qui survit sous la pression des coups.
Overborn. Nés portés par l'excès même et comme en excédents de soi — formés de débordements continus, où toutes les limites et digues pulvérisées se fragmentèrent en l'interne comme les éclats d'obus qui jaillissent et vous transpercent — voici mon corps, voici mes ossements. Sur-nés, nés en trop, en part maudite ou bien nés contre, contre-nés : nous sommes venus dans et par la faille, cette brisure stridente qui résonnait avant l'époque de la matière, à même le monde larvé ou la fente de vide de l'être qui se pulse, se recrache et nous déchire. Nés en trop-plein, sismologiquement; il n'y a pas de place pour nous ici, nous sommes des vases mille fois brisés, réparés grossièrement, et qui débordent à jamais.
Nous vivons à ras bord de notre propre naissance INTACTE indiscontinuée. C'est une naissance qui s'est trop produite, qui n'a pas pu s'arrêter. Nous sommes nés au-delà de ce que naître peut contenir. Le poids d'être né se portait déjà comme un surplus.
Ne craignez pas l'absence des morts qui vous écoutent et poussent contre le monde. Ecoutez plutôt les sur-nés dont vous craignez tant les outre-présences. Ils battent les fûts de leurs têtes mortes et de leurs coeurs qui débordent et les expurgent d'eux-mêmes en débordant. Ils battent le rythme premier du monde d'avant le monde, en se fracassant contre ses brise-lames. Leurs corps sont habitués à mourir, aussi ils ne meurent pas ; ils savent depuis trop longtemps se noyer, leurs gorges muettes chantent dans la tempête et leurs cris fendent le rocher infini.
La digue du monde résiste à ce qui ne veut pas de forme. La lutte est asymétrique : le vivant contre le refus, la métamorphose contre l'inerte, l'intime contre le tout.
Jan. 2026
— Attempt at an English translation —
Absorbed Iridescences
The colors did not shine in order to be seen, but so that their shimmer might become a habitable outside. The spirit of refusal betrayed us; thus the world began. The iridescences were swallowed, taken in. We drank them mingled with tears, as we might have drunk our own ashes. The scintillation is inward now, absorbed into a substance, a consciousness, a neither-inside-nor-outside.
The beauty of those born like a high tide that frightens us is a constrained beauty. It is a light that survives under the pressure of blows.
Overborn
Born carried by excess itself, and surplus of ourselves—formed of continuous overflows, where all limits and levees, pulverized, shattered inward like shrapnel bursting out and piercing through you—behold my body, behold my bones. Over-born, born too much, as an accursed share or else born against, counter-born: we came into being in and through the rift, that strident rupture already resounding before the age of matter, within the larval world itself or in the cleft of the void of being that pulses, spews itself back out, and tears us apart. Born in surplus, seismically; there is no place for us here. We are vessels broken a thousand times, crudely mended, and forever overflowing.
We live at the very brink of our own INTACT, unbroken birth. It is a birth that occurred too much, that could not stop itself. We were born beyond what birth can contain. The weight of being born already came as excess.
The World's Seawall
Do not fear the absence of the dead who listen to you and press against the world. Listen instead to the overborn, whose over-presence you fear so much. They beat the drums with their dead heads and their overflowing hearts, purging themselves from within as they overflow. They strike the primordial rhythm of the world before the world, shattering themselves against its seawall. Their bodies are accustomed to dying—so they do not die. They have known how to drown for far too long; their mute throats sing in the storm, and their cries split the infinite rock.
The world's seawall resists what refuses form. The struggle is asymmetrical: the living against refusal, metamorphosis against the inert, the intimate against the whole.