Avril 2026


Trigger / Content Warning


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Ce site est terminé, il restera comme une peau morte. Je n'irai pas sur les réseaux ni sur les forums pour signaler son existence. Je ne sais pas faire ça et ce site ne peut pas s'accompagner d'un numéro de performance sociale ni d'une demande de reconnaissance que je serais incapable de mener de toute manière. Mais alors, peut-être que personne ne le découvrira jamais. J'ai pris un usage gratuit de Netlify pour que le site me survive (car pas de paiement à assurer pour qu'il se maintienne en ligne), au cas où j'aurais le courage de me suicider encore et pour de bon. De toute manière, je vais bientôt me retrouver à la rue et je ne veux pas vivre ça. Je ne demanderai pas d'argent à D. J'ai tout de même signalé l'existence du site par deux emails (25 et 31 mars) à info at madinamerica.com, contact at sophiaclub.co, contact at chaire-philo.fr, laure.salmona at memoiretraumatique.org (mais l'adresse est morte), team at karlzero.tv, orspere-samdarra at ch-le-vinatier.fr, csaper at umbc.edu, journal at e-flux.com, editors at entropymag.org, ninedelpech at gmail.com, administrator at fireweedcollective.org, l.herod at yahoo.ca. J'imagine néanmoins qu'ils ne verront pas l'email ou mépriseront le contenu, ne comprendront rien ou obéiront à l'injonction de se taire. L'humanité est ce qu'elle est, la priorité anthropologique est le groupe et je suis pour eux la pire monstruosité : celui qui ne critique même plus ni ne revendique, mais qui se désinscrit.


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Ce site est finalement une lettre d'amour à Sister D. Ce n'était pas prévu. Ceux qui identifieraient qui elle est seraient choqués ou navrés par cela. Que la société ferme sa sombre gueule et continue à faire ses saloperies en se déclarant elle-même gloire et réalité.

Une certaine communauté déclare D. ignoble et folle. Ils ont raison, elle l'est. Elle est ignoble et nous sommes fous tous deux. Tout a été fait pour que nous devenions ainsi. Notamment, ils avaient le cœur nettement mieux accroché lorsque, tout au long de son enfance et de son adolescence, elle servait de sextoy vivant à cette même communauté un peu partout en Europe et aux États-Unis. Ses parents organisaient des tournées de tournantes, lorsqu'elle était gamine et jeune ado, et cela faisait bien plaisir à tout le monde. Ils trouvaient ça normal. Oh ! Pardon, j'oubliais ! "Ils ne savaient pas"... Et ils disaient, comme tout le monde, que c'était elle "la salope", bien heureux de pouvoir l'utiliser pour ça... Pour moi non plus, "ils ne savaient pas" ou "ignoraient que c'était moi". "Nous faisions confiance à vos parents", disent-ils. Mais où les rencontraient-ils ? Dans les partouzes pseudo-élitistes, toujours en partie pédocriminelles, qui avaient lieu chez mon grand-oncle, le cameraman, père officiel de D.

Ceux qui savent toujours tout savent si bien parfois ne savoir jamais rien.

Un de ses oncles et mon père (qu'elle croyait alors être le sien) lui ont aussi avoué l'avoir violée régulièrement dans tous les orifices dès sa première ou deuxième année, elle aussi, même si ce n'était pas accompagné de tabassages. Ils ont évidemment ajouté : "Ça ne t'a pas perturbé, donc tout va bien." Typique...

Son oncle hypnotiseur lui a-t-il également bloqué la mémoire ? Et l'apparente hypermnésie créée par son père n'était-elle pas orientée, n'était-ce pas un système de manipulation pour façonner une identité docile aux désirs des membres de la famille ? Elle semble être une expérience en hypermnésie et hyperesthésie, là où je suis une expérience en amnésie et anesthésie (on peut me frapper ou coucher avec moi, je ne sens quasiment rien). Les expérimentateurs n'assument aucune des deux expériences, car elles se sont structurées sur le tas, sans formalisation préalable.

Pendant notre enfance, les adultes "se servaient", tout simplement. D. veut croire que c'est normal. Ça lui fait moins mal ainsi, mais elle continue en fait à se considérer comme une moins que rien. Elle dit "je suis trois trous à remplir et c'est tout" et présente ça comme si c'était ok. Elle se déteste et s'adore, me déteste et m'adore, et, par ailleurs, malheureusement, elle s'identifie aux bourreaux pour survivre. C'est ça mon vrai problème avec elle, avec toi, ma chérie, ma toute belle, si un jour tu me lis. Je peux te dire tout ça en face à face, mais tu refuseras et feras l'offusquée ; par email, mais tu joueras des critères légaux et feras semblant de ne rien comprendre pour qu'il n'y ait pas trace écrite.

Évidemment, ce qui ne convient pas ici est que D. n'a pas de possibilité de répondre à ce que je dis d'elle. Peut-être à l'avenir, mais je doute de vivre si longtemps. Je trouve déjà la vie beaucoup trop longue.

PS : je suis convaincu que, en leur for intérieur ou entre elles mais pas devant la masse des hommes, de très nombreuses femmes considèrent la pédophilie comme ok et considèrent que le viol, sur mineur ou sur adulte, est un mode acceptable et jouissif (s'il concerne les autres) de régulation sociale. Combien de fois ai-je entendu des femmes me dire, parlant d'une autre femme qui avait été violée : "Je suis vraiment navrée pour elle... mais c'est une sale petite conne et je suis bien contente qu'elle ait été cadrée. De toute manière, je ne peux pas la sentir. Vous les hommes, ça vous choque d'entendre ça, mais nous, on voit les choses autrement. En public, ou si on nous pose la question directement, on condamne. On condamne, mais on sait... On comprend des choses que vous, les hommes, ne comprenez pas..." Ce dernier propos est d'ailleurs vrai en très grande partie.


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Suis-je Narcisse, que tout le monde aime et qui n'aime que lui ? 1. Je ne m'aime pas. 2. Je sais que, sans s'y réduire, l'amour contient une auto-dégradation en anthropophagie peu ou mal sublimée, et qu'ici tout est immédiatement permis, absolument tout. Mieux vaut s'en protéger lorsque la chose se collectivise, car dans le commun, l'altérité se consomme plus vite encore. Phagocytose érotique. C'est ce qu'on appelle être intégré, assimilé.

D'ailleurs, désirer l'amour universel, voir l'amour comme force de cohésion, est pour le moins étrange. L'amour est un espace paradoxal, puissamment contradictoire, qui, "sans s'y réduire", contient aussi Thanatos, la négation de l'existence de l'autre et la dramatisation de nos volontés de puissance (ici en association de l'intime et du cosmique). Il faut être très profondément con pour ne pas s'en apercevoir. Vous voulez de la cohésion ? Essayez, non pas l'amour universel, mais l'estime universelle (parvenir à estimer un peu chacun pour certaines de ses effectivités comme pour ses potentialités positives, en se souvenant que l'humanité est essentiellement mauvaise, que nous sommes des prédateurs sans crocs ni griffes, ce qui nous rend encore plus dangereux), appliquez la règle d'or, reconnaissez que l'anthropologie du groupe implique le sacrifice d'un grand nombre d'entre nous et trouvez des moyens d'atténuer et de modeler cela. Ça demandera un peu plus de travail que n'en exige une simple face béate et niaise qui baille son appel à l'amour universel en autohagiographie masturbatoire.


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Tu voulais que je t'épouse, mais tu n'as pas eu le courage de m'en parler. Tu es passé par des intermédiaires inaudibles pour nous deux. Ne le prends pas trop mal, s'il te plaît : l'idée que tu pourrais me soutenir dans les épreuves, et non pas m'y enfoncer ou m'y abandonner, est pour moi presque comique, mon amour. Je parle des quelques rares épreuves que tu n'aurais pas créées toi-même intentionnellement. Je sais et comprends que tu as besoin de me nuire ; comprends aussi que je dois me protéger. Quant à ta fortune, j'en connais l'origine. Je ne t'épouserai pas et ne vivrai pas avec toi, je préfère me trancher la gorge ou nous nous détruirons tous deux. Bien entendu, je n'épouserai personne d'autre. Tu es mon aimée, atrocement, mon seul amour, mon centre — qui rôde et harcèle à ma périphérie. Je regrette surtout que, contre moi, tu aies choisi notre famille et mes agresseurs.

Nous sommes mariés, mais pas dans ce monde. Ici nous sommes ennemis, tremblants l'un pour l'autre.


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J'ai retrouvé un rythme presque normal pour moi : les volets à peine entrouverts, je ne sais plus très bien si nous sommes le jour ou la nuit, le matin ou le soir. Je dors lorsque je n'en peux plus et souvent échoue à dormir. Je me relève, regarde l'heure : il est 23 h 40 ? Je prépare le café.


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Si Sister D. mourait demain ? D'abord, je pense que je ne serais pas au courant. Ensuite, je m'effondrerai ou me scinderai.


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L'espace de l'intérieur du corps en tant qu'il est vécu est phénoménologiquement AUTRE que l'espace interne du corps externe en tant que géométrie, quand bien même seraient-ils superposés dans notre représentation. Ce n'est pas un simple problème de représentation inadéquate ou fluctuante, ni de schéma corporel imaginaire.


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J'ai l'impression — mais assez claire, pas noueuse — qu'en rentrant des États-Unis, j'étais si violemment abîmé que la police avait posé des questions et que des passagers, dans l'avion de retour, furent très choqués en me voyant. Il me semble aussi qu'il y a des conséquences pour ma famille (tant du côté de D. que du mien) concernant l'accès au territoire américain. L'entrée n'est pas garantie pour cette raison, indépendamment du visa, j'en suis presque sûr.

Sur place, plusieurs groupes avaient dû s'en donner à cœur joie et j'imagine donc qu'il existe plusieurs autres films encore. Mes massacres ont fait la fortune de combien de personnes ?

D. aurait-elle sorti un seul centime pour ne pas me laisser dans la main de la psychiatrie publique de province, la pire qui soit ici ? Évidemment non.


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Si mon français vous semble étrange, rappelez-vous que je l'ai appris dans l'indicible, entre deux traumas crâniens.


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Enfant tuméfié, ensanglanté presque constamment les premières années — Black and Red, panda eyes. À quoi crois-tu que l'image ressemble dans le miroir, humanité chérie ?

Les tabassages massifs ont duré près de six ans, jusqu'à l'hospitalisation pour cause de dos porté disparu, "meulé en cendres", si j'ose dire.

Que disaient les notables ? "On se demandait, disent-ils aujourd'hui d'un air soudain concerné, si tu tombais vraiment dans les escaliers." Car ils se demandaient, les pauvres. Ils n'étaient pas sûrs.

Certains ont assisté à des tabassages. Quelques décennies plus tard, ils s'étonnaient de mon silence et de mon immobilité à l'arrêt des coups. À titre expérimental et après qu'ils aient signé une décharge, peut-être faudrait-il leur faire la même chose avec une batte de baseball, pour voir comment ils réagissent.

Lorsque, ensuite, l'agresseur et éventuellement des complices m'emmenaient dans une chambre pour me violer, les autres "se demandaient tout de même ce qui se passait". En effet, on se pose la question. Encore heureux qu'ils ne soient pas venus vérifier car, au lieu de m'aider, ils se seraient sans doute joints à la troupe des violeurs, comme cela s'est produit.

Reprenant connaissance, si je laissais du sang quelque part et étais dénoncé, généralement par D., ou si les taches étaient vues ensuite… ou si je m'étais ou avais été sali autrement… cela servait de prétexte au grand-père et à son frère pour recommencer le jeu de massacre.

Ma mère, féministe, me livrait, accueillait et soignait les agresseurs. Elle trouvait que ça lui donnait des soucis.

Finalement, je vais peut-être utiliser ce journal pour radoter un peu.


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Je ne me souviens que de matinées. Les viols par mes frères avaient souvent lieu après le déjeuner. Je ne me souviens ni des après-midis de vacances, ni de ceux des périodes scolaires. Je n'ai aucun souvenir d'être allé à l'école l'après-midi, pourtant j'y allais. Je parle là de la période suivant mes six ans (âge de la scolarisation obligatoire et fin des passages à tabac suite à "l'hospitalisation de trop" due à l'histoire du tatouage). Avant cet âge ? Plusieurs fois, des enfants m'ont dit que je manquais l'école pour de longues périodes ou une des années entières et je n'ai effectivement quasiment pas de souvenirs d'école avant la dernière section de maternelle où je désignais des soleils, des diables et des boîtes, celles-ci obsessionnellement, qui ressemblaient à des cercueils.

Est-ce que je vivais chez mes parents ? Ceux qui ont vu l'espèce de chambrette dans laquelle je vivais en doutent. Néanmoins je pense que je vivais là. Simplement, j'y vivais coupé de ma conscience et cela ne laisse pas de trace visible d'existence concrète. Seulement des déambulations solitaires, des traces de sperme séché sur les peluches et des vomissements nocturnes.


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Tentative de description d'une étrangeté.

Je l'ai sans doute déjà fait ailleurs sur ce site, mais je m'interroge sur ce phénomène déconcertant : sans souvenir à proprement parler, mais dans un fantôme de conscience ou encore une conscience vacillante, "fluide sans objet" (sic), on peut tenir des propos si précis que ceux qui savent (ou croient savoir) déduisent immédiatement, à tort, que nous nous souvenons et avons parlé indirectement. En réalité, nous nous situons comme derrière une porte cognitive entrebâillée.

Par exemple, quelqu'un avait insisté (lors d'une conversation déjà longue, qui reposait sur la manipulation et le harcèlement) pour que je justifie des visuels de Marilyn Manson, dont j'apprécie la musique. J'ai alors notamment pensé à la période Antichrist Superstar, car ces visuels-là me parlent et m'apaisent (aujourd'hui, j'ajouterai, par exemple, les brefs inserts à bras droit prothésé dans la vidéo de Sacrilegious et d'autres aspects que je ne peux pas mentionner ici).

Néanmoins, je ne savais pas quoi dire car j'analyse très rarement et très mal ces choses. Je suis entré automatiquement dans mon "état de vision en eau-flamme" (sic) : comme la zone hétérogène de diffraction autour d'une flamme, qui semble aussi être une sorte de reflet d'eau. Souvent, je me sens comme ça et je regarde à l'intérieur de cette densité qui n'est ni vraiment en moi, ni vraiment dehors, et regarder-éprouver me suffit pour avancer — non pas pour découvrir des vérités objectives, mais pour situer des agencements subjectifs. Je les lis ou les vis. Les personnes qui m'ont connu savent que je dis qu'il faut "bien regarder", mais personne ne comprend ce que ça veut dire. Mais si on leur demande pourquoi ils aiment ceci ou cela, ils ne peuvent pas le dire et se contentent de répéter qu'ils aiment bien ça, c'est tout. Donc ils ne délirent pas, mais ils ne disent rien.

En "regardant", je sais quelque chose. Je ne sais pas toujours pourquoi, ni forcément à quoi ça correspond. Dans ce cas, j'ai répondu que les mises en scène de corps médicalisés ou en quelque sorte aberrants correspondaient à l'enfance, que, enfants, les humains ont toujours besoin de recoller leurs membres, de réparer et médicaliser leur corps avec des prothèses, des appareils ou des bandages.

J'étais très troublé en expliquant cela. Je ne comprenais pas à quoi tout ceci pouvait correspondre, sans pouvoir pour autant m'en détacher, car la chose me semblait évidente : être né, c'est se recoudre, veiller à contrer le démembrement comme on s'occupe d'un jardin impossible et devoir se réparer. Il y a du sang, des vêtements déchirés, des minerves, des broches, des pansements difficiles à faire, on boite, on souffre, on est déformé. Je comprends que de tels propos aient pu surprendre, mais cela me paraissait clair, comme une sorte de savoir sans mémoire, de nature immédiatement mythologique et vraie, mais sans objet. C'est une impression difficile à décrire. Je tente ici de décrire le sentiment vécu sur l'instant. Il ne s'agit évidemment pas d'un critère de vérité par intuition. D'ailleurs, dans une période de remontée mnésique, ce type d'association d'idées ou de visions doit être traité comme un ensemble d'indices d'une configuration affective, sous-jacente et vive mais actuelle, et certainement pas comme des preuves de quoi que ce soit.

Ceux qui connaissaient mon histoire ont pu penser que je me souvenais, par conséquent. Pourtant, à ce moment-là, j'étais toujours dans l'amnésie longue (par opposition aux amnésies en marées, qui sont, elles, à plus courtes échelles de temps et ont elles-mêmes l'amnésie longue pour cadre). Les circonstances extérieures, comme toujours malhonnêtes et brutales, avaient commencé à m'en faire sortir de force : aux forceps et en m'arrachant violemment de mon œuf, si j'ose dire, ce qui mena à une crise dissociative et schizophrénique particulièrement grave dans la deuxième partie de 2024.

Néanmoins, mes propos devenaient ponctuellement explicites, sans que j'aie moi-même, consciemment, accès aux souvenirs en tant que mémoire narrative et contextuelle. Je me comportais pourtant comme si je savais, parfois, quand autrui imposait de l'extérieur un contexte suffisant pour qu'une mémoire commence à se réarticuler de manière cohérente, quoiqu'incompréhensible pour moi à l'époque. Pour l'amnésie dissociative, on parle souvent de mémoire sans contexte. Mais le contexte peut venir en partie d'une situation extérieure, un stress lié à une rencontre par exemple. Mais lorsque la rencontre se termine, la mémoire redisparaît. D'autant plus qu'à l'époque les transes réactionnelles qui suivaient immédiatement les rencontres stressantes en effaçaient mes souvenirs de ces rencontres.

Autre exemple. Dans la même période, en parlant à des personnes dans la rue, qui savent que Djèltia existe mais ne la connaissent pas vraiment, un doute m'est venu : je ne suis plus certain que nous avons la même mère. À ce moment-là, le fait que son père soit mon grand-père paternel officiel était sans doute déjà plus ou moins acquis et mobilisable pour moi. Mais j'ai eu soudain un étrange sentiment concernant notre mère : est-ce la même ? Et, en parfait idiot, je me suis retrouvé à dire à des inconnues que je ne savais plus si j'avais ou non les mêmes parents que cette sœur aînée. Il m'a fallu plus d'un an pour y repenser, retrouver des données d'état civil et recomposer la situation réelle : ma sœur est génétiquement une cousine éloignée qui fut adoptée pour étouffer le scandale d'un viol sur mineure, la mère biologique de Djèltia, par ce prétendu grand-père.

Autre exemple. Pour différentes raisons, il ne faut pas dire le nom de naissance de D. Toujours en 2024, quelqu'un me demande de lui dire. Je sais qu'il y a danger. Est-ce que son nom réel me revient à ce moment-là ? Non, pas réellement. Je sais seulement qu'il ne faut pas le dire et je sais pourquoi, sans que le souvenir soit un tant soit peu clair pour autant. C'est une situation de semi-accès flou, créée par la situation externe et aussitôt refermée. C'est seulement fin 2025 que son nom m'est revenu et ce fut un choc majeur. Ma sortie d'amnésie, tout au long de 2025, fut pourtant essentiellement articulée autour de mes souvenirs d'elle. Avais-je une photo de sa carte d'identité ? Oui, mais elle était perdue dans un drive sans organisation, je ne l'ai retrouvée qu'une seule fois, n'ai pas reconnu son visage, mon esprit n'a traité qu'une partie de son très long nom et j'ai immédiatement supprimé l'image en me demandant ce que cette photo faisait là. Récemment, j'ai passé des heures à chercher une copie, en vain. Je le regrette d'autant plus que je n'ai pas mémorisé tous ses beaux prénoms, auxquels elle m'avait dit une fois tenir beaucoup.

Dans d'autres cas, la chose me semble plus simple et plus compréhensible par le commun que ces histoires d'amnésie perturbent fortement (ce qui déclenche une agressivité chez eux). Parfois, il y a un souvenir narratif très partiel, donc il y a du contexte. Mais celui-ci est très incomplet et les points encore manquants pour composer un véritable contexte sont eux-mêmes si perturbants qu'on ne parvient toujours pas à les intégrer (de fait, sortir de l'amnésie a effondré mon univers). Dans ces cas, j'ai un souvenir structuré autour d'un contexte très fragmentaire. Ce souvenir est donc un semi-souvenir narratif, encore "en état délié de lui-même" — mais peut-être en tant que tel très insistant et important pour moi, je ne veux pas qu'on nie la réalité, alors qu'en réalité, je ne me souviens pas encore mais me pré-souviens.

Ce sont des moments de transition entre amnésie et mémoire retrouvée, des moments instables, assez irrationnels et dont l'issue est incertaine : ces éléments peuvent retomber dans l'amnésie ou bien en sortir. Mais ils n'en sortent, dans mon cas, que si je suis capable d'encaisser le choc.

Les personnes normales pensent que les souvenirs sont comme un condensateur électronique : chargé ou déchargé, présent ou absent. Mais le problème n'est pas tellement le souvenir en lui-même, c'est ses modes d'accessibilité et son intégration. Et dans la période d'intégration, qui peut être longue, mieux vaut ne pas être exposé à des injonctions sociales de se souvenir, ni à des commentaires de la part de personnes qui croient savoir, car c'est une période extrêmement instable et dangereuse. En 2024, des religieux qui avaient entendu parler de mon passé me bloquaient dans la rue et me menaçaient de mort (suivant une règle particulièrement stupide et immorale de l'islam), et quelques autres ordures se moquaient de moi ou me provoquaient, dans des lieux publics ou en tambourinant à ma porte, pour des éléments de mon passé qui réémergeaient à peine dans mon esprit. Et encore, ils réémergeaient de force, à cause de ces mêmes attaques. Je ne souhaite ça à personne.

PS : concernant les visuels de Manson, ce que j'ai mentionné plus haut n'est qu'une part de ce qu'ils font résonner en moi. Je n'ai pas le temps de tenter d'expliquer cela, je peux simplement indiquer les visuels qui évoquent le plus puissamment mon enfance — mais en une version intégrable et vivable : la pochette de Holy Wood et celles de Eat Me, Drink Me ; tout l'artwork de Antichrist Superstar ; les vidéos suivantes : Tourniquet, Apple of Sodom, No Reflection, Slo-Mo-Tion, KILL4ME, The Long Hard Road Out Of Hell, The Mephistopheles Of Los Angeles, One Assassination Under God et bien sûr As Sick As The Secrets Within. J'aime plusieurs de ses autres visuels, mais qui ne résonnent pas en moi avec une telle charge indicible, si lointaine et connue. Pour l'instant, je suis incapable de décrire cette charge ni de l'expliquer. Évidemment : je n'ai aucun lien avec cet artiste ni avec sa maison de production ou les réalisateurs, blablabla, etc.

Ce qui m'intrigue profondément, c'est cette puissance de résonance avec des émotions liées à l'enfance. Il ne s'agit pas réellement de thèmes, encore moins de séquences narratives précises, mais d'un limon affectif profond. Ces images fonctionnent comme des accès, presque comme des interfaces vers un état interne, des formes de perceptions et de devinements insituables mais actives. J'explore d'ailleurs ce phénomène avec des IA génératives d'images (notamment SDXL) et ai une sélection privée d'images qui n'évoqueraient rien ou tout autre chose d'angoissant et d'étrange pour quelqu'un d'autre, mais qui pour moi sont cela : des ancrages, des accès, des externalisations très apaisantes de mes sensations/impressions mnésiques profondes. Puis-je l'orienter ? Non, mais lorsqu'un ensemble d'images telles se présente, j'y reconnais une manière d'exister que j'ai déjà habitée. L'aléatoire des IA est très utile ici. Les images restent fidèles à la complexité, elles ne trahissent pas par une décision nette. Et pourtant elles contiennent, donnent forme, portent le champ du sensible et de l'activité plaidante de l'affectivité profonde à l'intérieur d'une stabilité externe que je peux enfin regarder. Cet apaisement est crucial pour moi, j'en ai besoin, même si je ne le comprends pas tout à fait. Mais je n'ai qu'à regarder et retrouver, pas à comprendre et expliquer. Ce sont des forces vécues, pas réellement des objets ni des symboles. L'affectivité et notamment l'angoisse sont comme les parfums, très divers et très puissamment complexes, et parfaitement identifiables quoique indicibles.

Il est toujours superficiel de juger des affinités esthétiques des individus et des groupes (cultures) : percevons-nous ce que les autres perçoivent dans une œuvre ? Sans doute pas, même si les œuvres se présentent par ailleurs comme des objets évaluables. Ces affinités esthétiques appartiennent aux alphabets secrets du réel et les œuvres sont peut-être plus que des positions subjectives suivant des réseaux de médiations, mais des modes d'auto-temporisation/filtres de la phénoménalité elle-même. À travers ces œuvres, quelque chose travaille en nous, avance à tâtons d'indicible, à l'intérieur d'agencements-phénomène. Le symbolique et l'antéprédicatif ne sont pas clivés l'un par rapport à l'autre, mais semblent être liés en oscillations heuristiques et nouements dynamiques, des sortes de "co-donations nodales" vives. Mais peut-être ne manifestent-elles rien d'autre que leur propre complexe, comme une immanence qui se module.


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Avec les téléphones et les réseaux sociaux, votre identification se répand très vite. L'ordure humaine peut se régaler. Le schéma est très précisément celui-ci : "la victime a déjà été salie, autant se faire plaisir, une agression de plus ou de moins ne fera aucune différence pour elle, au point où elle en est" (pour les plus exaspérants parmi vous : "elle" renvoie à "victime", qui est ici un nom féminin et non pas un adjectif). Évidemment, toute réaction à l'agression justifie l'agression initiale sous l'aspect de sa réitération ; la réaction est vue comme une preuve qu'il fallait et qu'il faut soumettre. Ainsi pense le singe pervers. Mon format physique d'adulte vous empêche de me violer physiquement, il vous faut donc trouver d'autres moyens de me violer, d'autres actions, symboles, mises en scène et discours de possession momentanée. Pourtant, les mécanismes restent les mêmes, l'identité des schémas est saisissante, même si vous aimeriez qu'il en soit autrement car vous ne voulez pas vous voir vous-même comme des représentants de la mauvaise part de l'humanité ! Les plus lâches parmi vous formulent leur agression comme une dénégation de ce dont moi-même je n'avais jamais parlé, mais qui déclenchait en moi une réaction de panique ou me plongeait dans un gouffre d'horreur, même si j'étais encore pris dans l'amnésie, PRÉCISÉMENT parce que l'amnésie est là pour protéger la personne de CELA MÊME. Ensuite, ces hordes de singes à cordes se sentent victimes de vous et exhibent leur incompréhension totale si jamais vous ne les aimez pas ou si leur malveillance s'est retournée contre eux.


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Que ça vous plaise ou non et que vous le compreniez ou non, je ne parviens pas à vouloir quoi que ce soit pour moi-même.

"Mais ce n'est pas possible !"

Si, c'est factuel donc possible, même si tu ne le comprends pas.


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Ici, je dois constamment passer de nombreux éléments sous silence ou les modérer — même, comme je le fais sur ce site, en me limitant à l'enfance (hormis pour quelques éléments, mais en fait à peine mentionnés, lorsque je parle de HeЯ[L]) — car sinon on ne me croira pas. Non seulement on ne me croira pas, mais je perturberai le champ de la parole commune et de l'imaginaire commun dans lequel j'accepte de me situer, puisque je vous parle tout de même. Je ne pense pas seulement à la saine prudence face à des remontées mnésiques qui peuvent être trompeuses pour moi-même (ce point est néanmoins crucial et je ne poste pas quelque chose sur un simple coup de tête). Il s'agit de ce que je dois taire pour (1) ne pas risquer de faire sombrer votre lecture dans le voyeurisme ; (2) pour qu'on ne m'accuse pas de fantasmer ou d'inventer et (3) pour ne pas vous salir avec des détails ignobles mais pour moi centraux. Vous ne lisez donc ici que la version ultra-allégée des aspects biographiques. C'est normal. Témoigner suppose d'entrer dans le champ du discours public et celui-ci a ses règles. En revanche, lorsque je dis que je ne sais pas, que je m'interroge encore sur certains éléments, etc., je suis sincère et ne suggère pas : je ne sais pas et m'interroge, c'est tout. Et si ce à propos de quoi je m'interroge est perturbant, je passe vite : j'ai pour moi-même besoin de l'extérioriser mais ne dois pas m'y attarder. De nombreuses entrées du journal, comme cette page-ci, sont donc retirées ou lourdement retravaillées pour tenter de préserver un équilibre. Ces pages font donc partie d'un processus personnel profond, mais ne constituent pas en elles-mêmes un exutoire : le site serait beaucoup, beaucoup plus volumineux et ultra-violent.

Je suis également parfaitement conscient qu'une des raisons pour lesquelles les actes et situations imposés par les bourreaux sont extrêmes est que la victime doit se discréditer elle-même en en parlant.


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Est-ce que je tais certaines choses par souci de me protéger juridiquement ? Non, pas vraiment. Je manque d'ailleurs sans doute de prudence à ce niveau, mais au point où j'en suis...

Ici, soyons parfaitement explicites :

1. Vous voulez sûrement que je désigne les Juifs. Mais si vous saviez ce qu'il en est et ce que j'en pense vraiment, ce ne sont pas les Juifs qui m'attaqueraient le plus, à mon avis.

2. Est-ce que je tente de donner une bonne image de D. ? Non, pour ceux qui savent qui elle est, je donne une très mauvaise image de moi en disant à quel point je l'aime malgré tout. Mais c'est ainsi : elle fait des saloperies et je vous conseille d'en faire une paria — je peux tout de même difficilement être plus clair que ça — tout en affirmant qu'elle est pour moi ma sœur jumelle et mon épouse adorée, quand bien même antagoniste, et que je lui pardonne de se comporter depuis trente ans comme ma pire ennemie.


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Aujourd'hui, tout est dissociation. Mais on ne parlait pas de ça avant. Pour décrire la façon dont je vis mon type de conscience, je disais que j'étais tombé dans un bain de lsd lorsque j'étais enfant (référence humoristique à un fameux personnage de bande dessinée, "tombé dans la potion magique").


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Vous ne voulez pas être filmé en public en plein flashback, surtout lorsque vous n'y comprenez rien. Vous êtes sans distance. Au contraire, votre colère est si violente que vous avez l'impression qu'elle vous tuera. Vous savez que vous avez l'air fou, mais ne pouvez rien y faire. La fureur ordonne. Il faut continuer à marcher, rentrer chez vous pour vous cacher.

Malheureusement, votre colère ne vous tue pas. Vous n'avez pas mérité cette grâce.

Les gens affirmeront vous avoir vu ivre ou drogué. Maintenant, vous devez gérer ça EN PLUS DE TOUT LE RESTE ET VOUS CREVEZ DE HONTE ET DE COLÈRE RENOUVELÉE.

Agir ? Reprendre le dessus ? La vierge d'acier se renverse et plante ses crocs à l'intérieur de vous.

L'immobilité a repris ses droits.

Il ne vous reste plus qu'à délirer pour pallier à la violence des attaques d'angoisse qui implosent en vous, "vous implosent" et vous figent comme de brusques chocs de glace.


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Y a-t-il quelque chose de l'autre côté du Simulacre ? Autre chose qui serait accessible pour un sixième sens, un troisième œil, un double corps, n'importe quel invisible présent en nous ? Quelque chose qui ne serait autre chose que les coulisses ou la scène étendue de ce même Simulacre ?

Allons-nous progresser ? Un quelconque niveau vibratoire s'élèvera-t-il, qui nous transformerait ? Demain, serons-nous autre chose que des hordes de singes malfaisants et goguenards, ces néants prétentieux et ambitieux, pour un nouveau cycle, avec de nouvelles fantaisies, dont nous devinons qu'elles ont d'ores et déjà été trop ressassées ?

Si nous voulons progresser, entendons-nous d'abord sur le constat. La vie des êtres humains consiste essentiellement en quatre points : assurer les besoins biologiques, suivre le groupe et ses normes car ils autorisent beaucoup plus qu'ils n'exigent, baiser et nuire aux autres.

On peut aussi avoir une religion, une idéologie ou une spiritualité, c'est-à-dire prier pour que les autres s'améliorent (pas nous) et, ultimement, les contrôler.

Les personnes pourraient-elles apprendre à réfléchir sur leur religion, au lieu de seulement l'utiliser pour pourrir la vie des autres ? Cela semble contradictoire : les religions remplissent des fonctions sociales et les groupes sociaux ne sont pas réflexifs. Au contraire, ils s'auto-positionnent comme norme et réalité. D'ailleurs, si les gens réagissent si vivement lorsqu'on critique les religions, c'est parce qu'ils y voient, à raison, une attaque contre l'idée d'ordre social. Mais il est possible que les choses évoluent par elles-mêmes, lentement, puisque la phénoménalité est relationnelle et, en ceci, probablement auto-complexifiante. Si les catégories métacognitives, métaphysiques et critiques se complexifient ou s'enrichissent en même temps, automatiquement, peut-être progresserons-nous un peu au fil des siècles.

Si les extraterrestres débarquaient en triomphe, façon Grand Soir interstellaire, serions-nous unis, par contraste, en tant qu'humanité ? Non, les animosités entre humains s'accentueraient encore, au contraire, comme pendant une occupation par un pays étranger.

Développerons-nous notre spiritualité ? J'ignore totalement ce que ce mot veut dire.


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Une tendance permissive consiste à dire que les rapports sexuels entre adultes et enfants ou adolescents "ne sont pas forcément graves", que certains enfants aiment cela lorsque ce n'est pas violent, qu'il faudrait banaliser cette exploitation en tenant compte des personnalités et ainsi ne pas forcer ceux qui ne veulent pas, etc.

Mais il faudrait admettre que des adultes incapables de se restreindre et de structurer une relation autour d'interdits et de frustrations, incapables de distinguer leur réalité psychique de celle des plus jeunes, manipulateurs de la naïveté et incapables de séduire de vraies femmes — donc des individus profondément immatures — auraient néanmoins la capacité d'évaluer très finement et honnêtement les positions subjectives d'enfants — enfants qui eux-mêmes sont incapables d'exprimer de manière autonome ces positions subjectives (cela demande un niveau d'accès au symbolique, une métacognition et un décryptage des dynamiques relationnelles très élevés), ni d'en évaluer les conséquences physiques, psychologiques ou relationnelles. Ça ne tient pas la route.

Cette théorie est néanmoins soutenue EN PRIVÉ par de nombreuses personnes, notamment des femmes, y compris de nombreuses psychologues. Elles ne le soutiennent pas du fait d'une "soumission au patriarcat", mais bien au nom d'un mystérieux savoir secret des femmes (lequel n'est rien d'autre qu'un vulgaire système d'auto-justification circulaire, une déification non-publique de leurs pulsions et un renforcement de leurs stratégies de contrôle). Publiquement, la condamnation est unanime (1) pour des raisons légales (2) parce que stratégie de contrôle, "savoir secret" et sentiment d'élitisme (les pédocriminels seraient des sortes d'initiés "libérés de la morale rigide faite pour les masses") sont peu compatibles avec une position de discours public.

La banalisation ou la légalisation éviteraient, nous dit-on également, l'essentiel des dérives. C'est un argument classique articulé ainsi : "Nous ne pouvons pas nous restreindre, donc il faut nous autoriser, sinon nous ne pourrons pas nous restreindre...", ce qui est absurde.

Un argument habituel supplémentaire consiste à dire que les abuseurs risquent d'être condamnés si jamais une victime se plaint. Il s'agirait donc de bloquer les leviers juridiques qui constituent des risques pour les abuseurs eux-mêmes... Argument suivant : si l'enfant, soi-disant d'accord — or, ce sont bien les adultes qui décident si l'enfant manipulé est d'accord ou non —, a parlé à l'extérieur mais que cela a été prétendument mal compris par une personne (qui sera considérée comme "coincée" et excessivement légaliste), alors enquêtes et condamnations reposeraient sur une injustice, une pseudo-morale, etc. Or, le seul espoir qu'ont les enfants victimes est justement que des adultes extérieurs responsables et pas trop lâches (ça existe ?) les aideront en alertant les autorités (en espérant que celles-ci, localement, ne fassent pas partie des agresseurs).

Note sur mon histoire : bien entendu, m'éclater la gueule comme ils le faisaient, manquer de me tuer plusieurs fois sous les coups et durant les viols (je m'illusionne peut-être, mais je pense être mort plusieurs fois au sens clinique), était aussi un avertissement pour les autres enfants. Ils se voyaient signifier par là qu'il était hors de question... de ne pas "être d'accord". Les inciter à en rajouter par eux-mêmes consolidait cette dynamique. Le système repose sur au moins trois termes : menace, participation (le témoin doit devenir complice) et appel aux délices inavouables de la cruauté naturelle (qui est fondamentale chez les humains, en tant qu'issue relationnelle à notre état de prédateurs sans crocs ni griffes et donc quasiment inaptes à effectuer immédiatement cette prédation).

PS : La banalisation commence en disant "abus" au lieu de viol et manipulation. "Abus" signifie que c'est réversible et qu'en dessous d'un certain seuil, c'est parfaitement ok, comme pour "les bonnes choses dont il faut savoir ne pas abuser". C'est aussi la planification de relativisations supplémentaires à venir, car "l'abus" (première gradation par rapport à "viol, exploitation et enfermement psychique") recevra d'autres gradations : abusif un peu, passionnément, à la folie traumatique ou pas du tout. Dans le milieu d'où je viens, le mot "abus" est très apprécié, car il signifie qu'ils auraient dû aller "un petit peu moins loin". Le crétinisme généralisé n'aide pas : les gens confondent les sens anglais et français du mot.

D'ailleurs, que des adultes de l'entourage "s'amusent un peu avec la gamine/le gamin" était jusqu'à très récemment considéré comme normal, bien innocent et même charmant, "polisson". En admettant que ce ne soit plus le cas aujourd'hui, le changement serait trop récent pour être profond. Cela me semble concerner tous les milieux.

Il faut le regarder en face : les enfants ne naissent pas seulement dans un langage et une praticité du monde déjà constitués comme sens (de belles généralités ontologiques), mais aussi, très concrètement, dans des systèmes d'échanges et de régulations intersubjectifs, sociaux, affectifs, sexuels et symboliques au sens large, dans l'immanence de quoi les enfants sont des rouages, des biens échangeables, des zones de force ou des pions.

PS bis : Première définition de polisson dans le TLFI : "Enfant livré à lui-même, qui passe son temps à vagabonder dans les rues et dans les champs." Gavroche ou bien enfant multitraumatisé dissociatif ?


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J'ai longtemps cru n'être identifié par aucun groupe social. Lorsque l'inverse s'est révélé, en se dramatisant jusqu'à mon effondrement, je n'ai pas compris la logique pourtant évidente. Je voulais encore croire que la raison suffisait — ou plutôt j'étais totalement écrasé. En réalité, tout groupe qui vous identifie croit immédiatement que vous êtes sa propriété et il vous somme, par tous les moyens possibles, de vous conformer à ses caprices grotesques qu'il nomme réalité ou vérité. Dans mon cas, lorsque les choses se sont calmées, du fait, me semble-t-il, du perfectionnement de ma solitude, le mal avait à nouveau déjà été fait.


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Inhérent aux sévices organisés : qu'ils soient tels que la victime se discrédite en en parlant ; que nous ayons l'air fous ou que nous semblions fantasmer.


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Dans mon cas, dans la limite actuelle de mes souvenirs, je ne crois pas qu'il y ait eu d'aspect rituel, bien qu'il y ait eu des composantes sectaires sans doute secondaires. J'en parle aujourd'hui parce que j'ai regardé un documentaire à ce sujet et parce que mes rares exercices d'écriture automatique font parfois ressortir cela aussi. Mais je ne m'en souviens pas.

Pourquoi m'en soucier néanmoins dans mon cas ? Du fait de toutes ces activités de nuit qui échappent encore à ma mémoire et de tous les délires ésotériques qui furent le bain de ma naissance.

Néanmoins, je pense qu'il s'agissait d'une configuration plus simple : des pervers, une famille de tarés (notamment l'arrière-grand-père et ses fils, dont un grand-oncle pédophile obsédé par l'argent et la pornographie), un système de viol et d'inceste combinant traumatiquement plusieurs générations, une mère peut-être bipolaire, un père gravement immature, un milieu free love lâche et hypocrite ainsi que des dynamiques sociales malheureusement standards.


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Pour m'humilier, elle irait sucer des chiens errants dans la rue si elle peut prétendre ensuite être ma copine. J'apprendrai la chose quelques années plus tard, en me disant qu'elle s'est encore humiliée elle-même. Elle sera sans doute très vexée et déçue d'apprendre que je n'étais pas au courant. Je la haïrai en mon for intérieur, m'en rendrai malade, mais dirai à celles et ceux qui la saliraient qu'elle fait bien ce qu'elle veut (le seul argument que les gens comprennent et respectent : "ahmouafaisc'qu'jveux") et qu'elle, au moins, parvient à faire bander quelqu'un ou quelque chose. Après l'avoir défendu ainsi, je rentrerai chez moi, avec le coeur déchiqueté et l'envie de me pendre.

Il faudrait peut-être penser à tourner la page, me direz-vous ? Mais il n'y a pas de page en l'occurrence. Nous sommes la reliure. Nos liens ne sont pas de ce monde. Nous sommes nés en enfer ensemble, elle et moi.


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Les emails envoyés ne génèrent aucune réaction détectable. Google Console ne veut toujours pas indexer les URLs. Je ne me vois pas aller faire de la promotion sur des forums, ce n'est pas ce type de contenu et j'ignorerais comment m'y prendre de toute manière. Une voix dans l'oreille gauche me dit : "Nous faisons en sorte que personne ne trouve ton site." Je me dis que les schizophrènes ont des guides ascensionnés encore pires que les autres !


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Le "Je suis toi, tu es moi, nous sommes deux facettes ou expressions d'une même réalité" semble être la bonne position, au sens où elle s'épanouit d'elle-même dès que je la considère. Le thème de la compassion envers autrui ne m'apparaît plus comme faux (factice ou hypocrite, fourbe), mais d'emblée effectif et apte à instruire (orienter affectivement) : misère de la vie occlurée, ligaturée dans les strictions de ce corps et de cette perspective, cette finitude dysfonctionnelle dans laquelle nous nous débattons parce que nous avons oublié. Mais être autre ou en tout, être partout, n'empêcherait pas l'individualité, la qualité du personnel. L'incarnation — la sténose — n'est pas une condition de l'individualité. Alors que faisons-nous dans cet enfer tiède qui nous paraît normal et même plaisant à force d'y échouer (échouement) ? Nous sommes cousus dans un corps où nous n'avons rien à faire et cela semble être un mauvais tour, une mauvaise farce ou une damnation. Est-ce pour apprendre à aimer ? Dire d'une souffrance qu'elle est une épreuve que Dieu nous envoie est immoral. Alors que penser des discours qui font de la vie et de l'existence du monde elles-mêmes une telle épreuve ?!


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Nous sommes le 4 avril 2026. J'avais visiblement besoin d'écrire ces derniers jours.

Paiement refusé au supermarché. Soit je suis un peu à découvert et dois simplement attendre trois ou quatre jours pour que la pension d'invalidité soit versée, soit (puisque je n'ai pas fait les démarches nécessaires) ce sera terminé.

Je fais une update rapide du site, au cas où. J'aimerais que ce soit fini.


(Avril en cours)