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The image presents a striking, surrealist portrait of a young woman set against a minimalist landscape. The composition is bisected by a sharp horizon line: below, a vast field of burnt-ochre wheat ripples with dry, tactile heat; above, a void of cloudless azure sky offers a cold, silent contrast.
The subject stands in the foreground, draped in a cream-colored garment with fine, vertical pleats reminiscent of Hellenistic sculpture or ancient bandages. Her face is dominated by an extraordinary cloud of pristine white curls. This froth of hair shimmers with a pure, otherworldly light. It is dense as cotton and spills down to cover her eyes completely. While the white suggests the wisdom of age or the ethereal nature of a cloud, the smooth, luminescent skin of her jawline and neck confirms her youth.
The emotional anchor of the piece is her parted mouth. Without eyes to guide our interpretation, her lips—tinted a soft, natural red—become an ambiguous vessel of expression. Is it the sharp intake of breath from sudden fright or the slackened jaw of wonder? Her expression suggests a state of sidération (stunning shock), where language has failed and been replaced by pure sensory existence.
She exists in a liminal space: blinded by light, silenced by beauty, and rooted in a landscape that feels both infinite and claustrophobic.
30 avril/1er mai 2026
[1]
Some fear the apocalypse; others among you are hoping for one. Is this the same apocalypse I've felt my entire life? Surely, they must hope for something else—the one echoing within me is too arid. This slow prior apocalypse is our faithful mistress, our hopeless oracle.
We pretended to live—we even pretended to scream—while our heads drifted far from us into the dry wind, lost in a violence more real than life itself.
Cette apocalypse ne peut pas nous détruire. Elle réside à l'intérieur de nous.
[2]
Il n'y a que le gouffre de la pure peine, atroce et silencieuse ; celle qui ne se manifeste plus, sinon à travers quelques signes de tendresse épuisée. Là, je rejoindrai des êtres. Je les rejoindrai dans la compassion envers cette mort perpétuelle — dans le désastre et la douceur qu'il réclame de nous.
[3]
Visiblement abîmés, échoués sur le Simulacre dont les normes se caricaturent en eux, les humains déclarent sans joie que la vie est magnifique.
Leur joie, d'abord niaise, bientôt blafarde, est un mélange de malveillance et de convoitise obstinément minables. Même leur sexualité est terriblement triste et fade, lorsqu'elle n'est pas proprement sordide.
Je ne me sens pas membre de votre espèce et je fais l'effort de ne pas vous vouloir de mal.
En plus des légendes concernant l'enfant mystique, surnaturel (messie, prophète, etc.), certains croient que je suis un démon incarné en humain, un "démon non maléfique". Parmi ceux qui étaient présents chez le père de Sister D. lorsque nous étions enfants, plusieurs affirment que, lors d'une attaque, au lieu de quitter mon corps comme je le faisais d'habitude, j'étais cette fois entré dans une fureur active. Ils m'auraient alors vu me transformer en ange, en un être surnaturel en tout cas, révélant ce qui leur a semblé être ma véritable nature.
Cette histoire extraordinaire m'est revenue plusieurs fois. D. elle-même l'a racontée à différentes personnes. Cette narration est courante parmi les membres de HeЯ[L], qui prétendent avoir été présentes. Certaines réinterprètent leur impression de l'époque (ou celle formée à force de narration légendaire entre elles) en me désignant comme extraterrestre. Le thème récurrent selon lequel je serais un reptilien, un démon, le diable, un ange ambigu ou encore un E.T. vient en grande partie, réarrangées selon les mythes du moment. Je serais "shape shifting", en tout cas exogène et multiple.
On retrouve ici plusieurs schémas de mythologisation de la victime et de déshumanisation paradoxale par le sacré.
Ces narrations frappent l'imaginaire et deviennent rapidement autonomes. Combien de fois m'a-t-on affirmé, comme en confidence ou bien en accusation publique dans la rue ou sur les réseaux sociaux, qu'on m'avait vu changer de forme dans un club de sport, chez une amie que je ne connais pas, dans le métro alors que je n'ai pas mis les pieds à Paris depuis bien longtemps, etc. ? Mon père a dit publiquement que j'étais un reptilien. Djèltia a déclaré que, "en tant qu'universitaire", elle pouvait affirmer ma nature extraterrestre. Elle aurait gardé le silence lorsque quelques personnes, plus intelligentes que la moyenne, lui ont demandé à quel domaine universitaire une telle expertise se rattachait.
Il me fut même expliqué que j'étais un des démons qui créèrent le monde, le Simulacre, plus spécifiquement le démon planificateur.
Je serais donc responsable de toutes les horreurs de l'Histoire.
Parmi ceux qui croient que je suis le "messie", certains ajoutent qu'ils pensent aussi que je suis peut-être le Diable. Celui qui a survécu à l'extrême violence est perçu soit comme un saint (il a enduré l'impossible), soit comme un démon (sa présence rappelle aux bourreaux leur propre monstruosité). Me voir simultanément comme le Diable est leur manière de projeter sur moi leur ombre.
On me dit aussi que je changerai la structure du monde par mes pensées et mes émotions positives. J'émettrais — n'est-ce pas incroyable ? — des flux d'amour aptes à transformer et bonifier l'étoffe même de votre Simulacre adoré.
Mais mon amour ne va pas vers vous. Vous ne méritez rien.
Pour d'autres, je suis simplement "l'éternel jeune homme de feu noir", créateur occulte de cauchemars érotiques. Cette partie-là m'amuse davantage.
Le point commun entre tous ces fantasmes est celui-ci :
Je serais exogène.
Cette hypothèse me plaît, finalement, et m'apaise.
Je ne vous appartiens pas. Je ne suis pas même l'un d'entre vous. Je reste essentiellement étranger à votre espèce ignoble et pathétique.
On me l'a suffisamment dit et littéralement MARTELÉ.
Mai en cours.