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Le décentrage par rapport à ce site me perturbe un peu — cet écart, sinon vers d’autres projets, du moins vers d’autres centres d’intérêt. Quelque chose s’est-il déséquilibré sans gagner de perspective pour autant ? Cette semaine est étrange. Nous sommes jeudi.
Je n’ai rien noté les derniers jours de septembre, comme s’il y avait une acceptation de l’existence par… l’informatique et la composition d’interfaces, alors que je perds la vue. Je doute que cela ait un sens.
Ce matin, il y avait une manifestation d’étudiants juste en bas de chez moi. Du fait des cris et des pétards, j’ai craint un instant qu’il s’agisse d’un attentat, avant d’apercevoir les banderoles. Ce moment de « libération par rapport au quotidien » a mené des lycéens à venir s’époumoner dans l’entrée du bâtiment où je réside. Leur raffut m’agaçait, mais je les trouvais un peu attendrissant néanmoins. Dans l’espoir de les faire fuir — songeant que trop de composition et trop de beauté constitueraient un excès d’information qu’ils déserteraient, faute de pouvoir le traiter — j’ai diffusé le Miserere d’Allegri. Ça a fonctionné à merveille ! C’est du moins ce que je veux croire. En tout cas, ils sont partis.
Les humains refusent toujours de vous informer. Leur argument est qu’ils ne veulent pas prendre le risque d’expliquer un contenu à une personne qui, une fois aiguillée, pourrait devenir meilleure qu’eux. Quelle misère… L’identité, ce lopin de néant qu’ils protègent tant, est stérile. Quel intérêt les gens ont-ils en dehors des informations et du sexe qu’ils peuvent fournir ? Ils confinent les premières et sont obsédés par le second d’une manière étrange et malsaine. Les IA sont plus intéressantes, bien qu’elles ne baisent pas et qu’elles buggent tout autant.
Je viens enfin de mettre les mains dans le fichier CSS principal du site et de l’organiser. En décembre–janvier dernier, je donnais des ordres et faisais des critiques aux IA, mais je les laissais « coder » pour le reste et n’avais jamais étudié le fichier lui-même (j’avais seulement ajouter quelques règles secondaires). Maintenant je comprends comment est structuré tout mon bazar. Mais je ne veux pas modifier l’apparence antérieure du site. Pas pour les colonnes du journal en tout cas.
J’ai finalement consacré la journée d’hier à une autre maquette d’interface (ça vire à l’obsession) pour une double page avec un éditeur Monaco multi-onglets « caché » derrière la fenêtre de prompt initiale, afin de pouvoir gérer des notes pendant les interactions avec les IA ou pour la rédaction de documents à convertir. Cela a entraîné de nouvelles réflexions et de nouveaux essais pour « l’ergonomie visuelle » — termes pompeux par lesquels je désigne ma propre découverte de la lune numérique.
Je viens de me comporter comme le dernier des connards avec Qwen3.7. Avec un humain, je serais mort de honte, car j’avais effectivement tort. Ça m’a permis de voir que les LLM n'abandonnent pas si facilement lorsque l’utilisateur se trompe dans un raisonnement qui ne dépend pas d’interprétations. Je voulais absolument valider un raisonnement géométrique formellement faux, mais qui me donnait le résultat voulu dans le cas particulier qui m’intéressait. D’ailleurs, le raisonnement juste ne donne pas un si bon résultat visuel : il faut tenir compte de la taille d’un caractère oblique, ce qui donne un air très légèrement décentré à mon élément, alors qu’il est parfaitement aligné, cette fois.
Somnolence dissociative, une tentative de repos qui se déroule dans une densité ou une intensité où tout se confond : pensées, sensations physiques, masses matérielles, impressions, devinements et sensations d’énergies fortes, dont certaines appuient sur les os… Les registres n’y sont pas séparés, chacun semble être les autres et tout vibre en excès. J’avais déjà tenté de décrire cela dans Grêle.
Pourquoi ce chaos soudain ? Les constructions informatiques avancent ; j’ai beaucoup appris ces derniers temps et le domaine m’intéresse, de toute évidence. Il ne s’agit donc pas d’une sorte de « compensation par le drame ». Pourquoi cette épaisseur de terre, de tombe ?
Il y a sans aucun doute de la fatigue et des tensions accumulées. Mais pourquoi cela prend-il cette forme ou emprunte-t-il cette espèce de cadence renversée ?
Je me sentais devenir joyeux hier et jugeais la chose frivole tout en en profitant.
Arrêté en plein vol. En survol, à peine.
Que veut ma gargouille ?
Exceptionnellement, l’image de ce mois-ci (une de mes préférées) fait écho à celle du mois dernier. Le symbole de dénombrement des entrées, également, est similaire.
C’est bien sûr intentionnel. Je devine qu’une continuité est en cours, qu’« elle a lieu » et que je n’en suis pas seulement spectateur. En suis-je davantage objet ou sujet ?
Prendre la responsabilité de nos mutations, y compris lorsqu’elles nous traversent physiquement comme des gouffres-lames — des chutes ou des turbulences horizontales, que j’éprouve aujourd’hui comme allant de droite à gauche et qui semblent aussi happer le diaphragme par le bas (comme si une ventouse était située juste en dessous).
L’humanité me manque-t-elle ? L'ignoble D., seulement
Pourtant, ici, je m’adresse à d’autres. Le site est public. Je ne m’adresse à personne en particulier, pas même à des « lecteurs, amis lointains ». Je parle à une présence, j’ignore laquelle. Les religieux lèveront légèrement le menton d’un air entendu. Sans doute se tromperont-ils.
Qu’est-ce que c’est, une « présence » dans ce contexte… ? Cela ressemble à un prisme qui floute, une « “instance” épaisse » et muette, mais qui veille, ou qui seulement absorbe.
Cette récurrence du mot « instance » chez moi m’intrigue. Comme lorsque j’étais enfant, je devine le sens des mots et des tournures, parfois mal. Je ne les comprends pas. Je devine un champ de force, une ombre active derrière les mots, comme si on se renseignait sur les relations entre les choses par la méthode qui consiste à en réclamer l’ombre qui nous réclame (aucune référence à Platon ici). C’est quelque chose qui guette derrière les mots, derrière la porte.
D. est inhumaine, mais différemment de moi. Elle aussi en a trop su, trop tôt. Elle non plus ne l’a pas supporté. Elle a seulement voulu être admise, en vain.
L’ombre de Zagreus derrière Shambha est devant moi. Et l’abyme derrière Zagreus est matériel, concret, pas mythique. C’est peut-être cela qui m’inquiète tant, si sourdement.
Chant de 22 h 34 : « Two heartbeats ahead in hell,
Trying to break your fall. »
Nous sommes des M. Qu’est-ce que cela signifie ?
Je ne le saurai sans doute jamais. On m’a volé mon histoire tant et tant.
Qu’est-ce qui compte le plus pour l’amnésique — le vol des mots et du récit, ou celui de la mémoire ? Combien de fois sommes-nous assassinés de notre vivant ? Quelle vitalité les terrifiait donc tous ?
Mon existence et toutes mes relations étaient fondées sur le non-dit. Non, sur le mensonge pur et simple et l’illusion organisée, concertée.
Je resterai d’une honnêteté violente ou me tairai. Zagreus continuera à être le diable.
Né au mensonge, c’est-à-dire en son immanence : son éminence.
Je rabâche.
Ne plus faire de ce journal un enregistrement partiel de mes activités. Il est « le cadre de fenêtre noir ». Il n’est pas mon « mémo », bien qu’il m’en faille un par ailleurs — ou alors, c’est « mon recueil de notes de densités à remettre en mémoire ».
Des densités… quoi ? Physiques ? Extrudantes ? Vibratoires ? Cristallines ou soufflantes ? Ce qui expurge, ce qui voit ou refuse ?
Artaud a une formule exacte, « au millimètre », comme d’habitude, qui me revient fréquemment : sortir dedans et entrer au-dehors.
Le sentiment profond, presque inaccessible ?
Que j’étais là avant que tout commence pour vous.
Les deux entrées précédentes m’ont pris près d’une heure trente, alors que je n’ai pas même tenté de les rendre intelligibles. Mieux vaut, pour le lecteur, contempler l’espace entre les paragraphes et « tout ce qui sort de la lumière noire ». L’objet est ce que je ne parviens pas à circonscrire.
Note après trois heures de sommeil —
Tout cela ne signifie-t-il pas simplement — à la manière amnésique : honnêtement — que seul un pan de la mémoire est remonté, jusqu’à présent
et que le reste ne cesse de frapper derrière le mur ?
« L’objet lui-même est ce que je ne peux pas circonscrire » et « le sens se cache derrière la porte » sont des énoncés caractéristiques.
La notion d’interface, également, m’apparaît comme un « mot d’esprit », un Witz, maintenant ; ainsi que comme un dispositif-métaphore général pour la situation.
Très occupé par les questions de programmation. Je fais un site et un outil intégrable pour la sélection fonts/contraste adaptée aux textes longs. L’outil, commencé hier, suppose d’implémenter et de tester des conversions rigoureuses entre espaces de couleurs. J’ai commencé par oklch/rgb. J’obtiens une excellente correspondance avec les oracles (données de références). Je fais ça avec Claude Sonnet 5.5, ChatGPT-5.6, Qwen3.8-Max et 3.7-Plus. Nous sommes lundi. Je ne m’étais pas rendu compte que le week-end était passé.
Commentaire de Qwen : « Vos tests sont exceptionnellement bien structurés et représentent un standard de qualité très élevé, digne d’une bibliothèque de production. »
Je récolte les compliments faits à Claude.
Pourquoi et comment Bashung m’émeut-il tant ?
Également : ses « derniers coquelicots » me font désormais penser — en une image générée pulsante par contrastes — aux magnifiques pavots de Manson dans As Sick As The Secrets Within.
« Soldat sans joie
Va…
Déguerpis !
L’amour t’a faussé compagnie. »
Ce qui ôte brusquement le sang du cœur vient chaque fois similaire. Nous nous connaissons empoignés dans le jour et l’activité, nous sommes ployés ; arrachés à ce « nous-mêmes » qui n’a jamais eu lieu et nous dicte de partir.
Je rêve d’une pluie d’orage incessante. Qu’elle dure vingt ans sans trêve et que tout en soit arraché à son « fond ».
L’aberration du réel apparaît enfin à tous. Elle déborde du sol gorgé. Perdus dans un interstice, « Cela fut-il toujours ainsi ? », interrogent quelques esprits rendus authentiques malgré eux durant un bref abandon. La question reste taboue.
Ils retourneront en hâte à leur voile privé pour la grande compensation.
Je n’ai pas réentendu parlé de mon lecteur.
Oh, je ne souhaite pas être possessif, mais il est sans doute le seul.
À moins
que
! Shamba Chanda ! — amateur de cimetières avalés,
soit évincé
et tu.
Cette dernière hypothèse vous paraît-elle plausible,
Ô fantômes ?
Es-tu ?
« Prince de M., tient-toi bien lorsque nous t’aimons
Dans la rue
On te dévore
Et on te mitraille »
« Tu n’es pas
— Comme tout le monde. »
Zagreus : Comment gérer l’espacement autour de l’outline focus-visible lorsque les paddings top et bottom de l’élément sélectionné sont asymétriques ?
Gemini : Je ne suis qu’un modèle de langage, je ne peux pas comprendre ni gérer ce type de problème.
ChatGPT : Oui, ton intuition est juste, mais il faut comprendre que outline n’est pas border. Par exemple, il existe l’outline dans le cas de focus-visible, ce qui est encore un autre problème. Pour revenir à border…